• Thomas Guern

Quels enseignements tirer de la pré-saison ? (3/3)

A moins d'une semaine du début du championnat de Jeep Elite, la pré-saison s'est achevée samedi dernier. L'occasion de faire un point équipe par équipe, de certaines tendances ayant pu se dégager en pré-saison. A noter que certains matches de préparation n'ont pas été pris en compte car certaines feuilles de statistiques se sont avérées incomplètes.


Troisième et dernière partie de cette preview mettant à l'honneur le finaliste monégascque, jusqu'au chat noir strasbourgeois, en passant par les 2 promus Roanne et Orléans.


Monaco : des stats aux rebonds en trompe l'oeil


Le mieux qu'a connu Monaco suite au changement de coach en cours de saison a souvent été associé, à tort, au fait que la Roca Team joue plus vite qu'auparavant. En réalité, le changement s'est principalement opéré sous les panneaux avec une progression notable au rebond offensif.

Les finalistes du dernier championnat ont continué sur cette même lancée en pré-saison, Monaco ayant capté 35% des rebonds offensifs disponibles (2e). L'apport de Yeguete dans ce secteur est indéniable, puisque l'ancien Gator affiche 18% OREB%. Cependant, Yeguete représente la seule menace dans ce secteur, puisque le 2e rebondeur est Yakuba Ouattara avec 9% OREB%. Et Tillie là-dedans ? 6% OREB%. Ou Buckner ? Pas mieux, avec seulement 0.4 rebond offensif par match pour 3% OREB%. La raquette souffre des départs de Georgi Joseph, l'un des meilleurs dans l'exercice, ainsi que de Kikanovic et Lacombe, contributeurs rentables, sans oublier l'inusable Amara Sy.

Au rebond défensif, les chiffres semblent à première vue inquiétant : 69.8% DREB% (14e). Sauf qu'en étant très moyen sous son cercle, Monaco parvient à être une défense efficace avec 103 points encaissés pour 100 possessions en pré-saison. La méthode est simple, calquée sur le modèle de l'ASVEL l'an passé : provoquer des pertes de balles (22% TOV%), être discipliné en envoyant peu l'adversaire aux lancers-francs (0.31 de ratio entre tentative de lancer-franc et de tir).

Les stats de Monaco aux rebonds sont trompeuses, mais comme pour toute statistique, il est toujours essentiel de la considérer dans un environnement qui est particulier à chaque équipe ou joueur.



Nanterre : Cordinier, confirmation en vue ?


Au sein des Sharks d'Antibes, relégué en Pro B, il faut l'une des rares satisfactions. Logique alors de voir Isaia Cordinier être l'un des JFL les plus demandés, et c'est finalement Nanterre qui a attiré le guard.

Et jusqu'à présent, Cordinier continue sur la lancée de ce qu'il avait réalisé à Antibes. Mieux encore, il est en progrès dans toutes les catégories statistiques !

En jouant près de 5 minutes de moins entre la saison d'Antibes et la pré-saison de Nanterre, Cordinier a vu son évaluation passée de 11.3 à 13.

Déjà efficace l'an passé en étant l'un des 4 joueurs antibois à plus de 100 ORtg (104.3) avec 21% USG%, Cordinier a gagné en volume de jeu (29% USG%) et en efficacité avec 112.6 ORtg. Comme pour beaucoup de joueurs dans son cas (Michineau, Bigote), ce progrès s'explique par une meilleure adresse (59% TS% à 64%) et une meilleure agressivité. Dans l'adresse, Cordinier a brillé à 2 points avec 73% de réussite ! Dans l'agressivité, près d'une possession sur 2 lui étant attribuée se termine par une tentative de lancer-franc.

Ce gain d'agressivité, et d'efficacité, vaut également pour la défense. Déjà l'un des meilleurs défenseurs d'Antibes la saison passée (52% Stops défensifs, 111.7 DRtg), Cordinier a réalisé 64% de stops, lui permettant d'avoir 100.6 DRtg.



Orléans : Brandon Jefferson, nouveau David Holston ?


Un meneur de poche, électrisant le public d'un Palais des Sports, qui n'a d'yeux que pour son meneur... On pourrait se croire à Dijon avec David Holston, le MVP de la Jeep Elite, mais non, nous sommes bien à Orléans avec Brandon Jefferson. Le MVP de la Pro B a prolongé son bail dans le Loiret, et va découvrir l'élite du basket français. Mais est-ce qu'un joueur comme Jefferson peut s'adapter à la Jeep Elite ?

La pré-saison n'apporte pas toutes les vérités, c'est évident. Mais elle peut donner quelques indications. Jefferson a été convaincant avec 17,3 d'évaluation en moyenne, 14,0 points, 59% de réussite aux tirs dont 53% à 3 points. Mais au-delà de la simple statistique, Jefferson a surtout conservé son efficacité qui a fait de lui le meilleur joueur de Pro B. Sur 10,7 points produits, Jefferson affiche le meilleur Offensive Rating de l'OLB avec 124,8. Outre cette efficacité, les deux meneurs se rejoignent par leur altruisme : 31% AST% (près d'une possession sur 3 attribuée à Jefferson se termine par une passe décisive). Forcément, le dépositaire du jeu commet des pertes de balles (1,9), mais ramené à la possession, le ratio est très acceptable (22% TOV%).

Surtout, ils sont capables de se mettre en retrait : Holston affichait le 3e USG% de la JDA l'an passé, rang également de Jefferson à l'OLB (21% USG%).



Pau-Lacq-Orthez : la vie sans Harris, Chikoko, McConnell, Smith


Une épidémie semble avoir touchée le sud-ouest de l'élite française à l'intersaison. Comme pour Boulazac, Pau a vu s'envoler 4 de ses cadres vers d'autres horizons. Pour pousser la similitude à l'extrême, la proportion statistique de ces 4 joueurs est très proche pour les deux formations... Harris, Chikoko, McConnell et Smith pesaient à eux 4 environ 65% des points inscrits et de l'évaluation totale de l'EBPLO !

Comme à Boulazac, le challenge pour Pau durant cette intersaison est de retrouver des joueurs capables d'avoir un tel apport.

Ronald Moore a réussi une excellente pré-saison : 10.0 points, 5.8 passes décisives en ayant 17% USG% (seul Cavaliere fait moins, 14%) et 131.1 ORtg ! De quoi truster le Top 10 des joueurs les plus efficaces de la pré-saison, classement dans lequel figure également Cheikh Mbodji (135.1 ORtg). La recrue béarnaise est efficace, avec un volume de jeu conséquent (24% USG%). Matt Mobley, Travis Leslie et Petr Cornelie n'atteignent pas le niveau de leurs 2 coéquipiers, mais ont montré qu'ils étaient capables d'avoir un impact important sur leur équipe.

Dans la globalité, l'effectif de l'EBPLO semble plus équilibré que l'an passé. Entre Harris, Chikoko, McConnell, Smith et le reste de l'équipe, il y avait un réel fossé entre le rendement élevé des 4 premiers nommés et les autres éléments du roster. En pré-saison, mis à part Tyrus McGee plombé par les pertes de balles et Nicolas De Jong en panne d'adresse, aucun joueur ne semble décroché en terme d'efficacité.



Roanne : le salut par la ligne des lancers-francs


Après une saison régulière marquée du sceau de la constance, Roanne a amplement mérité son billet pour l'étage supérieur. Sur leurs 6 matches de pré-saison analysés (2 victoires et un nul), Roanne s'est classé dans le ventre mou de l'efficacité de Jeep Elite : 11e attaque (106,5 ORtg), 15e défense (107,7 DRtg), 12e efficacité générale (-1,2 NetRtg).

Pour tenter de tirer son épingle du jeu offensivement, Roanne n'a pas misé sur une grosse adresse, sur une domination aux rebonds, sur une faible propension à perdre la balle. Non. Mais plutôt en allant chercher des points et l'efficacité offensive sur la ligne des lancers-francs. Roanne se classe ainsi parmi les bons élèves dans ce secteur, avec un ratio FTA/FGA de 0,42 (2e). Un moyen aussi d'éviter de s'exposer à du jeu rapide en contre-attaque, et de ralentir le jeu.

Ceci étant, provoquer des lancers-francs est une bonne chose. Les rentrer en est une autre. Antibes en était le parfait exemple l'an passé, étant l'une des équipes les plus agressives, mais ne parvenant pas à faire fructifier les passages sur la ligne des lancers. Ce n'est pas le cas de Roanne avec 76% de réussite aux lancers-francs (5e).

Justin Carter (56% FTA/Poss), Marcquise Reed (46%) et Johndre Jefferson (46%) se sont illustrés dans leur capacité à aller sur la ligne. Des performances à rééditer pour donner toutes les chances à leur équipe de prolonger le bail en Jeep Elite.



Strasbourg : Gabe York, serial shooteur


Damien Inglis aurait pu être le sujet sur la SIG, tant la pré-saison convaincante du français contraste avec la saison fantomatique passée au CSP Limoges. Pourtant, un profil ressort à Strasbourg avec Gabe York. Il n'a eu beau jouer que 3 matches, mais ce qu'a fait York en pré-saison surprend à bien des égards :

- 10,0 tentatives de tirs à 3 points !

- 31% USG% !

- 116,2 ORtg !

- 62% de possession terminée par un tir à 3 points tenté

Du jamais-vu, même si les données ne portent que sur 3 matches... Au final, York cumule tout ce qu'il "faut" pour être efficace dans son registre, avec un gros volume de tirs à 3 points (61% de ses tirs) avec un taux de réussite au-delà du seuil d'efficacité de 33% (37%). De quoi s'assurer ainsi une production au-delà du point par possession, et même au-delà, car à dégainer autant, York ne perd jamais la balle : 12% TOV%.

Si l'attaque flambe chez York, méfiance tout de même en défense, où il apparaît bien moins à l'aise. Sur la pré-saison, York a réalisé 41% de stops défensifs, entraînant une efficacité défensive assez faible (116,1 DRtg). Mais l'un dans l'autre, York sera indéniablement une attraction de cette saison.

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