• Thomas Guern

Quels enseignements tirer de la pré-saison ? (1/3)

A moins d'une semaine du début du championnat de Jeep Elite, la pré-saison s'est achevée samedi dernier. L'occasion de faire un point équipe par équipe, de certaines tendances ayant pu se dégager en pré-saison. A noter que certains matches de préparation n'ont pas été pris en compte car certaines feuilles de statistiques se sont avérées incomplètes et par conséquent inexploitables.


Top départ depuis Boulazac jusqu'à Cholet, pour la première des 3 parties. Les équipes seront abordées par ordre alphabétique.




Boulazac : rebondira bien qui rebondira le dernier


L'été fut mouvementé dans le Périgord, qui a vu la fuite des joueurs ayant grandement contribué à l'excellent exercice 2018-19. Kenny Cherry (Nanterre), Akil Mitchell (Trieste, Italie), Nicolas De Jong et Travis Leslie (Pau-Lacq-Orthez) ont fait leurs valises.

Des départs des plus impactants pour le BBD, dans la mesure où les 4 joueurs jouaient au minimum 25 minutes par match en moyenne, en représentant 63% de l'évaluation de la formation périgourdine !

La production du quatuor permettait ainsi de valoriser au mieux l'efficacité défensive du BBD (107.9 DRtg, 6e).


Mais pour cette nouvelle saison, la donne change. Sur leurs matches de préparation (4 matches analysés : Pau, Limoges, Oostende, Orléans), Boulazac a affiché une efficacité défensive du même niveau que l'an passé (104.9 DRtg).

L'attaque, quant à elle, pêche sur cette pré-saison : seulement un point marqué par possession, c'est-à-dire 100 ORtg.

Pourtant, Kyle Gibson et Shawn Jones ont réussi une pré-saison pleine de promesses : tous deux affichent plus de 14 points de moyenne, avec un True Shooting% supérieur à 70 % ! Difficile de faire plus efficace...

Plus globalement, il serait facile de faire porter le manque d'efficacité individuelle aux autres joueurs (Paerson, Lesca, Morency...). La réalité est autre : Boulazac n'est pas l'équipe la plus adroite avec 52.4% de réussite à 2 points (15e sur la pré-saison) et 31.9% à 3 points (15e), tout en ayant peu d'opportunités de tirs (qu'on appellera Play). Plus de Play une équipe disposera, plus elle aura de chances de faire grimper son efficacité offensive. C'est là où Boulazac avait fort l'an passé : 11e en Pace (possession par match) et 1er en Play, s'appuyant sur un rebond offensif performant (30.7 des rebonds offensifs disponibles captés par le BBD, 6e). Cette pré-saison, Boulazac a joué sur un rythme élevé (75.8 Pace, 2e), mais sans être capable de se hisser également au sommet des équipes ayant le plus de Play (10e). Différence notable : 21.8% OREB% sur la pré-saison... Le salut offensif du BBD passera par le rebond.


(Edit : Shawn Jones a été mis à pied par le BBD, qui a annoncé l'arrivée d'Alpha Kaba.)



Boulogne-Levallois : la confirmation pour Michineau ?


Les Metropolitans ont animé le mareché des transferts, avec 7 arrivées remarquées. Mais c'est du côté des joueurs présent l'année passée que la bonne surprise pourrait se trouver : David Michineau. Le meneur a du talent plein les mains, mais a manqué de constance jusqu'à présent. Une phrase qu'on pourrait tourner au passé, pour de bon ? Pas impossible, au vu de ce qu'a réalisé Michineau sur les 6 matches de pré-saison exploités statistiquement.


Saison 2018-19 : 23% USG% - 52 TS% - 10,0 points produits - 99,8 ORtg


Pré-saison 2019-20 : 24% USG% - 59 TS% - 12,1 pts produits - 106,9 ORtg


Ce gain d'efficacité s'explique simplement par... l'agressivité. Alors qu'il ne provoquait que 2,3 fautes par match, n'obtenait que 2,3 tentatives de lancers-francs, et n'affichait qu'un ratio FTA/Poss de 0.23 (ça ne s'invente pas !), Michineau provoque désormais 3,5 fautes par match en moyenne. Son ratio FTA/Poss a été doublé, passant à 0.46, et surtout, il se rend en moyenne sur la ligne des lancers un peu plus de 5 fois par match ! Couplé à une adresse longue distance élevée (50% de réussite cette saison, 40% l'an passé), Michineau peut s'affirmer comme un élément offensif majeur d'une formation visant le haut de tableau.



Bourg-en-Bresse : Courby et Wilson, rendement maximal


La JL Bourg a toujours présenté un profil d'équipes à 4 joueurs forts, 4 fantastiques en quelque sorte : Peacock, N'Doye, Sim, Wright/Gray. Le tout bien suppléé par un Maxime Courby, un LaMonte Ulmer, pour ne citer qu'eux.

Il en est vraisemblablement de même pour cette saison avec un quatuor articulé autour de Peacock, Sim, Johnson et Wright. Jackie Carmichael manque à l'appel, au vu de son utilisation (17% USG%) et de son rendement (95,0 ORtg)...


Au-delà de ces 4 joueurs, nécessitant un fort volume de jeu (USG%), Maxime Courby s'est révélé être le complément parfait lors de la saison 2018-2019, avec une utilisation minimale pour un rendement maximal. Avec seulement 13% USG%, Courby affichait 130,3 ORtg, une marque parmi les plus élevées, au niveau d'un Axel Bouteille (Limoges). Pour cette pré-saison et les 6 matches analysés, Courby a gagné en volume de jeu (de 13% USG% à 19% USG%). Cependant, ce gain en USG% se fait ressentir sur son efficacité avec "seulement" 105.0 ORtg. Une baisse liée à des pourcentages de réussite aux tirs en-déça de ce que Courby a réalisé l'an passée (55-45-76).


Pour prendre la suite de Courby, dans ce rôle du joueur à faible volume de jeu à l'efficacité maximale, Jamar Wilson détonne : 16% USG% (plus faible valeur de l'équipe), avec 123,6 ORtg et des pourcentages aux tirs très hauts (56% à 3 points !).

Ce qu'il sera intéressant de voir désormais, c'est si Courby parvient à retrouver un niveau d'efficacité proche de la saison passée, et si Jamar Wilson continue sur sa très bonne lancée. Car dans cette disposition, difficile de voir la JL manquer un objectif playoffs qu'il lui fait défaut.



Chalon sur Saône : la patte Hervé, kézako ?


Au rayon des coaches, difficile de trouver plus polarisant que Philippe Hervé. Adulé à Orléans, conspué à Cholet, Hervé ne laisse indifférent.

Lors de sa dernière saison sur un banc, à Cholet, la devise "la star c'est l'équipe" s'appliquait à merveille. Là où une équipe peut compter 3 à 4 joueurs capable de produire 10 points ou plus par match, Cholet Basket version Philippe Hervé ne comptait qu'un joueur au-dessus de 10 points produits par match : l'éphémère Isaiah Cousins, 6 matches à CB, avec 11,7 points produits. Faisant fi du meneur ayant dépanné en fin de saison, aucun joueur ne franchit la barre des 10 points produits. A l'inverse, 7 joueurs (!) produisaient entre 7,4 points et 9,6 points... S'il n'y avait pas de menace numéro 1 au sein de cet effectif, le danger pouvait venir de partout.

Avec l'Elan, les 7 matches de pré-saison ont permis d'assister à un équilibrage de la production de points. Justin Robinson est passé de 16,0 à 10,4 points produits, entouré de Thornton (11,2 points produits), Camara (10,3), Gelabale (9,5) et Johnson (8,4). Avec pour effet immédiat de voir l'efficacité de Camara augmenter entre la saison dernière et la pré-saison (110 ORtg à 115 ORtg), un constat également partagé pour Johnson et Gelabale (126,3 ORtg à 134,0 ORtg). Par contre, l'efficacité individuelle de Justin Robinson est revue à la baisse, après une saison 2018-19 exceptionnelle.


Enfin, une autre tendance ressort entre la pré-saison de l'Elan et Cholet Basket saison 2017-18 : le rythme. L'Elan jouait la saison passée une moyenne de 73,8 possessions par match, soit la 7e marque de la Jeep Elite. Pour cette pré-saison, cette valeur tombe à 71,0 possessions (14e), très proche des 71,3 de Cholet Basket lors de la saison 2017-18.


La patte Hervé ? Une question d'équilibre et de rythme.



Chalons-Reims : Michael Fakuade, la bonne pioche ?


Le CCRB a fait ses emplettes en Pro B, recrutant Jean-Baptiste Maille et Jessie Bégarin en provenance de Rouen, ainsi que Michael Fakuade, vainqueur des playoffs de Pro B avec Orléans.

Ce dernier a été un grand artisan du retour de l'OLB en Jeep Elite, dans un profil de couteau-suisse, sorte de Draymond Green (Golden State Warriors) version orléanaise : joueur capable de défendre de nombreux postes, de prendre des rebonds, de distribuer le jeu, de rentrer de temps à autre un tir extérieur... Le tout en le faisant correctement, mais sans y exceller.

Cependant, ce type de joueurs peut soulever des interrogations sachant qu'en évoluant à l'échelon supérieur, la dimension physique et athlétique seront un cran supérieur à la saison passée. La question est donc de savoir si Michael Fakuade est capable d'avoir le même impact en Jeep Elite qu'en Pro B.

Sur l'ensemble de la saison 2018-19, Michael Fakuade s'est imposé comme l'un des joueurs les plus efficaces de l'OLB et de la Pro B. Il est le seul joueur à être dans le Top 20 à l'Offensive Rating et au Defensive Rating.

En attaque, une possession lui étant attribuée sur 2 se termine par un point produit, contribuant à un élevé 113.4 ORtg. En défense, Fakuade pointe à 113.4 DRtg (20e), un classement dominé par.. Jean-Baptiste Maille (100.4).

Surtout, l'apport de Fakuade se fait ressentir aux rebonds. La saison passée, il captait 11% des rebonds offensifs disponibles (OREB%) et 18% des rebonds défensifs disponibles (DREB%). Des standards réalisés en Pro B qu'il a su pour l'instant calquer lors de la pré-saison avec 9% OREB% et 19% DREB%.



Cholet Basket : quels joueurs pour créer et produire des points ?


Parler d'une intersaison agitée à Dallas sur Mauges relève du doux euphémisme. A l'image de Jalen Riley, signé en provenance de Lituanie puis coupé au détriment de Durand-Scott avant que celui-ci soit également coupé sur blessure pour voir Riley être réintégré.

Une aubaine pour Cholet Basket, car le club manquait (manque ?) cruellement de joueurs capables de produire des points. Hassell (13,1 points produits), Perrantes (12,9), Young (12,1) et Sy (9,6) partis, il ne reste personne de la saison précédente au-dessus de la barre des 10 points produits par match...

Et c'est bien là le souci : cette création manque à CB. Riley (13,1 points produits) et Jok (12,2) sont les seuls joueurs capables de créer efficacement des points. Stockton flirte avec la barre des 10 points (9,1), mais pêche dans l'efficacité (83,9 ORtg !) car trop dispendieux avec la gonfle : une possession sur 3 du meneur américain se termine par une perte de balle...

Mais, omettant le secteur intérieur, la production de points peut venir de l'arrière également, et d'un joueur dont on peut espérer plus : Abdoulaye N'Doye. Le jeune combo-guard est capable de se muer en créateur. Pour preuve, il a réussi 6 matches la saison dernière à plus de 9 points produits (@Le Portel, Vs. Chalon sur Saone, @Boulazac, @Nanterre, Vs. Gravelines-Dunkerque, @Bourg-en-Bresse). Sur ces 6 matches, Cholet affiche un bilan équilibré de 3 victoires pour 3 défaites. Peu au premier abord, mais à mettre en perspective avec le bilan global de 11-23, soit 32.4% de victoires...

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