• Thomas Guern

LF2 : les saisons XXL d'Amélie Voynet (Strasbourg) et Aminata Gueye (Mondeville)

Mis à jour : avr. 19

Avant de démarrer, quelques précisions s'imposent : les stats de LF2 ne sont pas des plus précises. Deux matches manquent à l'appel (La Tronche Meylan - Montbrison, 9e journée et Aulnoye - Rezé, 11e journée). Certaines autres rencontres voient des joueuses "disparaître", certaines ont un total de minutes de joueuses incorrectes...


A la recherche de sujets - au-delà de ceux dans les tiroirs ! -, l'appel avait été lancé sur Twitter notamment. Avec deux questions sur la LF2 :

Au-delà des stats brutes, où la SIG cartonne en interceptions (11.8, 1er) mais galère aux rebond offensifs (8.9, 10e) et totaux (33.0, 11e), les alsaciennes jouent sur un rythme plus lent que celui du championnat de LF2, avec 73.9 possessions par match (8e) pour une moyenne à 74.6 en LF2. La faiblesse évoquée plutôt aux rebonds offensifs se ressent du coup sur le nombre d'opportunités de marquer pour Strasbourg (81.9), le plus faible du championnat. Dès lors, en ayant moins d'opportunités de marquer, difficile de valoriser au mieux chaque possession en attaque : Strasbourg marque 86.2 points pour 100 possessions (8e). La défense se situe également dans ce même niveau d'efficacité avec 88.7 points encaissés sur 100 possessions (9e). Au final, la SIG pointe à la 9e place au niveau de l'efficacité globale en LF2.

Dans le détail, en étudiant les 4 Factors, en attaque, les chiffres au rebond offensif sont plus criants : seulement 25% des rebonds offensifs disponibles sont captés par Strasbourg (10e). Dommageable, car avec une adresse dans le ventre mou du championnat (45% eFG%), les opportunités de compenser la maladresse sont présentes. Par contre, Strasbourg excelle dans son ratio FTA/FGA (capacité à se procurer des lancers-francs,) avec le meilleur ratio du championnat (0.30).

En défense, Strasbourg fait partie des bonnes élèves de LF2 en provoquant 27% de turnovers sur les possessions adverses (4e). L'adresse adverse et les lancers-francs concédés sont eux corrects (7e adresse adverse, 8e FTA/FGA adverse). Mais c'est aussi sous les panneaux, comme en attaque, que la SIG a souffert cette saison : 34% de rebonds offensifs disponibles ont été captés par leurs adversaires.


Dans cette équipe végétant dans le milieu de tableau, Amélie Voynet (poste 4-5, 1994) sort du lot. D'abord, c'est une sacrée ligne de stats : 16.4 pts, 5.9 rebonds, 1.6 passe décisive, 2.8 turnovers, 1.9 interception, 3.1 fautes commises, 4.6 fautes provoquées.

Le détail du shooting ? Sidérant : 51% FG (5.5/10.9), 52% 3P (0.9/1.7), 83% FT (4.5/5.4).


Les chiffres classiques sont très impressionnants, mais ils sont produits avec une efficacité remarquable au vu du volume de jeu de l'intérieur strasbourgeoise.

Seules Tiffany Clarke (Angers) ou Shanavia Dowdell (Aulnoye) évoluent à des niveaux de volume et d'efficacité similaire, digne de potentielles MVP de la division.


L'impact d'Amélie Voynet au rebond offensif est également remarquable. Le chiffre brut de 2.3 prises par match la classe 8e, mais au vu du temps de jeu de la strasbourgeoise, elle chute à la 22e place en termes d'efficacité. Elle capte ainsi 8.6% des rebonds offensifs qui lui sont disponibles. De manière globale, elle fait partie des 40 meilleures rebondeuses du championnat de LF2, captant près de 11% des rebonds qui lui sont disponibles.


Pour quantifier l'impact global, même si aucune stat "tout en un" n'est parfaite, il est toujours intéressant de s'intéresser au NetPts : combien de points sur 100 possessions une joueuse me rapporte-t-elle à elle seule ? Pour Amélie Voynet, c'est 2.76 points pour 100 possessions (6e). Le chiffre est d'autant plus impressionnant qu'il faut considérer le contexte : Strasbourg est 9e (sur 12) en termes d'efficacité globale. Etre efficace dans une équipe qui ne l'est pas est extrêmement compliquée à réaliser.


Aminata Gueye (poste 5, 2002), sous les couleurs de Mondeville, a réalisé une saison très intéressante compilant 10.9 points (69% FG, 74% FT), 6.5 rebonds dont 3.8 offensifs, 1.4 passe décisive, 2.6 pertes de balles, 0.8 interception, 0.4 contre pour 14.6 d'évaluation. Le tout, en "seulement" 19.7 minutes en moyenne.

En réalité, ce qu'a réalisé Aminata Gueye en LF2 cette saison est assez unique : c'est la seule joueuse sur l'exercice fraîchement terminé à afficher une évaluation supérieure à 10 en jouant moins de 20 minutes par match.


Dans l'impact global, Aminata Gueye rapporte 2.80 NetPts (5e, juste devant Amélie Voynet). Encore une fois, personne n'affiche un tel rendement en jouant aussi peu.

L'efficacité offensive est au rendez-vous, puisque Gueye est la 5e joueuse la plus efficace en attaque (113.6 ORtg !). La production et le volume de jeu sont moindres mais être capable de produire 9.6 points par match, avec 23.6% USG%. Surtout, elle s'est montrée ultra-efficace aux tirs. Aminata Gueye est la leader de LF2 au True Shooting %, jugeant l'efficacité d'un tir pris, avec 72.5%. Un niveau d'efficacité stratosphérique, comparable à Mitchell Robinson (New York Knicks), leader en NBA avec 72.6%.


Outre l'efficacité offensive et dans le tir, Aminata Gueye excelle au rebond, et notamment au rebond offensif. Gueye capte 14.3% des rebonds offensifs qui lui sont disponibles (OREB%), la 3e valeur la plus élevée du championnat. Nahan Niare (Mondeville) et Jose-Ann Marie Johnson (Aulnoye) font mieux, mais en jouant respectivement 6.9 et 9.2 minutes par match. Aminata Gueye performe bien également au rebond défensif, avec ses 3.8 prises par match, soit 18.8% DREB% (16e). Au final, Gueye termine la saison dans le Top au REB%, avec 16.6%.


Une saison plus qu'impressionnante pour la joueuse Mondeville, qui atteindra la majorité lors du mois de juillet.

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