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  • Thomas Guern

Autopsie du championnat Espoirs : quels ingrédients pour être au sommet ?

Souvent décrié - principalement par ceux ne le regardant jamais -, le championnat Espoirs n'en demeure pas moins fascinant. Dominé par Cholet lors des deux dernières saisons, malgré la concurrence de la JDA Dijon et la JL Bourg-en-Bresse, cette saison 2019-20 suit cette même logique avec ce trio en tête du championnat.


Comment expliquer la présence de ce trio en tête du championnat ? Retrouve-t-on des points communs entre ces formations qui, sur le papier, n'en ont que très peu ?

14 victoires en 14 matches pour Cholet, 11 victoires en 13 matches pour Bourg-en-Bresse et Dijon... Les 3 formations, présentes au Trophée du Futur la saison passée, déjà sur le podium de la saison régulière également, dominent l'exercice 2019-20 alors que la phase aller touche bientôt à sa fin.

Cette domination se confirme également au Net Rating (différentiel pour 100 possessions en attaque et en défense). Lorsqu'un chiffre est en vert, il s'agit d'une valeur dans le Top 3. Logique respectée.

En défense, Cholet s'est montré intraitable (84.9 DRtg), devançant Strasbourg, Dijon (89.3). Nanterre se classe 4e, avant que Bourg n'apparaisse dans ce classement.

Surtout, c'est en attaque qu'apparaisse les plus grosses différences. Jusqu'à présent (11 décembre), 4 équipes dépassent la barre du 100 ORtg dans un championnat où la moyenne est de 95.6 : Bourg-en-Bresse, Cholet, Dijon, ASVEL. Les 14 autres équipes ne peuvent se targuer d'avoir une efficacité offensive dépassant le point par possession.


Un socle commun : l'adresse

L'efficacité offensive peut se résumer en 4 points, les 4 Factors de Dean Oliver :

- est-ce que l'équipe est adroite ?

- est-ce que l'équipe est capable de prendre des rebonds offensifs (et ainsi se donner plus de chances de marquer sur une possession) ?

- est-ce que l'équipe valorise au mieux chaque possession en ne perdant pas la balle ?

- est-ce que l'équipe est capable d'aller chercher des points sur la ligne des lancers-francs ?


La réponse à la première question est oui pour les 3 équipes : 58% eFG% pour la JL, 53% eFG% pour CB et 52% eFG% pour la JDA. Bourg-en-Bresse réussit même à être à la fois l'équipe la plus adroite à 2 points (58%) et à 3 points (37%) ! Cholet affiche également de bons taux de réussite aussi bien à l'intérieur de l'arc (57%, 2e) qu'à l'extérieur (31%, 5e). Dijon parvient à limiter l'impact de son manque de réussite à 3 points (28%, 12e) en limitant les tentatives de tirs derrière l'arc. Moins d'un tir sur 3 pour la JDA est tenté à 3 points. A l'inverse, Dijon affiche près de 57% de réussite à 2 points, suivant de près Cholet.


Enfin, l'autre point commun de la réussite offensive de ces 3 équipes concernent l'adresse. Plutôt la non-maladresse, notamment dans la circulation de balle. Ramené sur 100 possessions, le turnover rate (TOV%) des leaders du championnat Espoirs font partie du Top 5 :

- Dijon : 20.3%

- Strasbourg : 21.3%

- ASVEL : 22.7%

- Bourg-en-Bresse : 22.7% (ce qui est assez phénoménal au vu de la qualité de jeu proposé par la JL et la circulation de la balle)

- Cholet : 22.9%

A l'inverse, les 3 équipes affichant les TOV% les plus élevés pointent aux 3 dernières places : Orléans (29.0%), Le Portel (28.0%) et Limoges (27.4%).


Des subtilités propres à chacun : CB au rebond...

Mais pour parvenir à ces niveaux d'efficacité, chaque équipe s'appuie sur des forces bien à elles. Bourg-en-Bresse capitalise ainsi sur une très bonne adresse à 2 points et à 3 points.

Cholet Basket impose son intensité, à travers le rebond notamment. Les deux saisons triomphales de CB ont été marquées par une domination sans conteste du rebond. Et ce, malgré les départs successifs de Melvyn Govindy (passé pro) la saison passée puis de Warren Woghiren (Denain, Pro B) et Karlton Dimanche (passé pro), cette saison ne déroge pas à la règle. Cholet capte le plus de rebonds offensifs disponibles (40 % OREB%), le plus de rebonds défensifs disponibles (71% DREB%) et le plus de rebonds disponibles (56% REB%).

Florian Leopold endosse le rôle de l'aspirateur à rebond avec 10.3% OREB% (1 rebond offensif disponible sur 10 termine dans les mains de l'antillais !!) et 23.7% DREB%. Au total, Leopold est le deuxième meilleur rebondeur du championnat Espoirs avec 17.0% REB%. Seul Jean-Fabrice Dossou (Orléans) fait mieux, captant 20.8% REB%.

En plus de Leopold, il faut aussi compter sur les apports de Leopold Delaunay (12.4% REB%) et Yoan Makoundou (12.1%). A côté de cela, Quentin Ruel rebonde bien en défense, tandis que les joueurs de banc apportent également leur pierre à l'édifice. Arthur Bouba, Rodney Rolle, ou encore les cadets Kevin Marsillon-Noleo et Nathan De Sousa jouent parfaitement leur rôle.


et Dijon aux lancers.

S'il est souvent relaté l'exception brugienne dans la formation et dans le style de jeu à l'espagnol, Dijon est une équipe atypique dans le championnat Espoirs. Là où la moyenne de possession par match est de 78, la JDA joue moins de 75 possessions par match en moyenne. Soit le rythme le plus lent de la ligue, loin des 82.4 possessions de Pau !

Atypique à travers le rythme, mais aussi dans sa capacité à aller chercher des points sur la ligne des lancers-francs. Dijon possède le FT Rate (tentative de lancer-franc / tentative de tir) le plus élevé de la ligue avec 42%. L'ASVEL pointe à 36% en deuxième place, et la moyenne du championnat est à 30%.

Individuellement, la JDA est armée pour aller chercher des points faciles aux lancers, et faire ainsi grimper cette efficacité offensive. Elhadj Der et Tom Hyenne sont 5e et 6e de la ligue avec un FT Rate de 68%, Dorez se classe 10e, Radnic et Lesne dans le Top 50...


Evidemment, le sujet aurait pu également porter sur la défense. Cholet, Dijon et Bourg-en-Bresse ne sont pas dans le Top 5 pour rien et, comme en attaque, possèdent un socle commun pour performer à ce niveau-là : verrouiller le rebond défensif et provoquer des pertes de balles.

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